LA VIE DE DEUX FLEURS
Texte écrit par Nicole

Il y a plus de 60 ans,
dans un tout petit jardin, deux fleurs se sont épanouies.
Timidement, elles se sont regardées. Ici un clin d'œil, là
un rire, enfin leurs pétales se sont touchés, se sont aimés.
Quoiqu'imparfaites, grâce
à des journées ensoleillées et à la pluie, à travers le vent,
les orages et parfois les tempêtes, leurs tiges ont grandi.
La plante, année après année a bourgeonné. Là où deux fleurs
s'étaient unies, on pouvait maintenant en compter 11 autres,
toutes différentes mais unies par l'amour et le respect.
Saison après saison,
année après année, sous l'œil attentif de leurs parents, grâce
à des journées ensoleillées et à la pluie, à travers le vent,
les orages et les tempêtes, elles ont grandi. Elles se sont
trouvées un compagnon, une compagne. Certaines sont restées
seules. Mais toujours, les tiges s'entremêlaient et cohabitaient
dans l'amour et le respect, sous l'œil vieillissant de ces
deux fleurs matures et embellies par les expériences du temps.
Les semences ont continué à s'éparpiller et, petit à petit,
24 autres bouquets ont vu le jour.
Tout en demeurant tout
près de la plante-maîtresse, ils vivent leurs vies, indépendants
mais toujours reliés par l'amour. Sous le soleil et sous la
pluie, malgré le vent et les tempêtes, ils continuent le cycle
de vie.
La plante-maîtresse
est toujours là avec ses 2 fleurs vieillissantes, ridées,
asséchées mais combien aimantes et aimées. Heureuse de pouvoir
admirer tout autour d'elle le jardin qu'elle a créé et qui
continue de produire d'autres petites fleurs. Il y en a déjà
10 et un autre bourgeon prêt à éclore et on sait bien
que d'autres bourgeons viendront s'y ajouter et croîtront
rattachés aux autres, par l'amour de la vie, par l'amour des
autres et par le respect des différences.
Enfin, un après-midi, l'une
des fleurs de la plante-maîtresse, usée, malade, ayant donné
et reçu à satiété, se fana. Ayant par sa présence auprès de
sa progéniture, par ses gestes, par ses silences, par son
travail, par sa bonté et son don de soi appris à son jardin
à relever l'échine à travers la pluie, les orages et les tempêtes,
sereinement, silencieusement, elle retourna à la terre dont
elle était issue. Un jour avant la mort de son compagnon,
l'autre fleur se sentit mal. Cinq jours s'écoulèrent. Elle
voulait revoir, une dernière fois son jardin, si beau, si
grand, vivifié par sa joie de vivre, par son rire communicatif,
par son énergie électrisante, par le soleil qui l'irradiait
tout entière. Puis elle se fana elle aussi et rejoignit son
compagnon des dernières soixante années.
La plante vivra toujours
dans un jardin qui bourgeonnera, fleurira et s'agrandira.
Et toujours, les nouvelles pousses apprendront que l'amour
et le respect des différences ne meurent jamais.
Hommage à mes beaux-parents
:
Eugène Leduc décédé le 24 juillet 2002
Clotilde Lauzon-Leduc décédée le 28 juillet 2002
©Nicole Rochon-Leduc, en ce 29 juillet 2002
| Nous participons à ta peine
Nicole, ainsi qu'à celle de ton mari Claude.
Reçois notre amitié. |


Les fonds de page sont faits à partir
d'une photo que Nicole a prise dans son jardin.