Les portes

Je l'ouvre avec mépris, visages de plastique.
L'indifférence éhontée, regards pathétiques.
Des paroles hautaines, méfiance solitaire.
Un départ rapide, se taire.

Je l'ouvre, une amitié odorante.
Un cachet particulier, vie apaisante.
Le rapport splendide, véracité comprise.
Des plaisirs sincères, mille bises.

Je l'ouvre, l'enfance épanouie, des rires.
La jouvence éclatée, un beau délire.
De l'enthousiasme, taquineries sereines.
Aucune haine, aucune peine.

Je l'ouvre, la confidence souhaitée.
Dire les mots, les paroles souhaitées.
Ressentir une paix salutaire, enfin!
L'apaisement, l'agréable festin.

Je les referme, étourderie inexpliquée.
J'étouffe dans cette galaxie apeurée.
Quoi dire pour atténuer mes doutes?
Me dissimuler, chasser cette déroute.

©André,épervier.


 

 

Fleurs apprivoisées

Fleur femelle, ton calice m'enveloppe à ravir.
Tes odeurs charment, l'arôme ultime pour m'éblouir.
Une brise caresse ta tige, un spectacle embaumant.
La gracieuseté de l'instant, un toucher charmant.

Fleur mâle, la fierté de tes pétales, un régal!
Le sublime, un fleuron incontesté, l'ornemental.
Jouissance d'une présence reproductive, savoureuse.
Se déployer, la beauté masculine, juteuse.

Fleur hermaphrodite, nature complexe à comprendre.
Un duvet mystérieux qui se déploie sans attendre
À la recherche de son identité, couleurs diverses.
Le mérite de s'arrêter malgré mille averses.

Fleurs des pois, le mâle recherché, grandeur physique.
L'élégance assurée, boutonnière magique.
Pollinisation approuvée, inflorescence.
Des regards non modérés, douce cadence.

Fleurs en pot, de l'eau, je vous en prie!
L'asphyxie totale, se déployer m'Amie!
Près de la fenêtre, souffrance, chaleur silencieuse.
Se retirer, un peu d'ombre, vie spacieuse.

Fleur cultivée, la conduite assurée, coloris magnifiques.
La bienséance aveugle, des semences aristocratiques.
D'une droiture exemplaire, la royauté avantagée.
Légère timidité, fleuraison non fanée.

Fleurs de rhétorique, l'ombrelle odorante.
Des mots légers, une gerbe palpitante.
La flore des phrases, bouquetière de rimes.
Royauté d'une plume qui s'exprime.

Fleurs du mal, déchirure du poète, le spleen dévasté.
Vacillement d'une écriture, un paradis désespéré.
La luxure morbide, le flétrissement cervical.
Fraîcheur malodorante, espoir floral.

Fleurer malgré tout l'existence d'une beauté flexible.
Floraison, l'épanouissement à la mesure du tangible.
Fleurage, un piétinement gracieux, la volupté.
Floralies, tu m'entoures sans épines vers l'éternité.

© André, épervier


Tous les textes de cette page sont sous copyright ©André Labrosse-Epervier. Il est interdit de les reproduire sans l'autorisation de l'auteur. Vous trouverez d'autres poèmes du même auteur sur son site: Chez l'Epervier

Je remercie André Labrosse de nous avoir permis d'éditer ses textes.


 

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Le tableau est une reproduction du "baiser" de Klimt

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