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La solitude est lourde et visqueuse,
elle triomphe même dans les foules,
elle fleurit au plus grand froid,
elle se désaltère aux larmes du manque.
Pour la vaincre il ne faut pas la combattre,
Mais plutôt la prendre sournoisement,
Faire semblant de l'accepter,
La contourner sans la heurter.
Feindre de nouveaux intérêts,
Inventer des activités,
Créer des rencontres,
Animer des soirées.
Si elle est toujours là, la vorace,
Surtout ne pas désespérer car c'est une collante,
Elle ne se détachera qu'une fois repue
Comme une sangsue après la saignée.
Et puis il faut aussi s'attendre à des réapparitions,
Elle ne vous lâchera jamais complètement,
Cette coquine a trouvé un terrain favorable
Pour ses magouilles douteuses et discutables.
Il ne servira à rien de pleurer sur nous mêmes,
La solitude fait partie du chemin de la naissance à la mort,
Il nous faut l'apprivoiser pour mieux la mater
Mais rien ne nous force à l'aimer.

Il faudrait une vie pour vivre et une vie pour le souvenir.
Au fil des années on oublie qu'il faudra un jour vivre de ces
signes captifs de notre mémoire, l'enregistrement se fait à
la légère un peu au hasard des évènements,
pas du tout en fonction de leur importance.
Ta mélodie préférée ,
Un film que tu as aimé,
La couleur d'une rose que tu as planté,
Le tronc d'un arbre que tu as effleuré,
Le bleu de tes yeux,
La chaleur de tes mains,
La tendresse de ta peau entre cou et oreille,
La douceur de ta bouche,
Et ta virilité réconfortante,
Et ton absence qui occupe la place de mes rêves
©Aliza Claude Lahav
janvier 2000



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