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La
page des mots

Cette page abritera des
textes courts, mes mots de tous les jours qui naissent souvent la
nuit... et puis des mots simples qui pourraient être les vôtres.
Nostalgie
Il est un coin d'épiderme
qui t'attend
Le point vulnérable exact et précis
Entre le lobe de l'oreille et la fragilité du cou
Celui qui est le plus sensible à tes lèvres.
C'est là que prend naissance le désir
La source première du plaisir
Qui s'émeut à ton seul souvenir…
On ne finit jamais d'être jeune.

L'hiver
Un rideau de pluie
tissé de mille gouttes
Un ciel si sombre qu'il paraît sans nuages
Un tonnerre si violent qu'il nous ébranle
Une nuit si triste qui n'amène aucun rêve.
Un amour qui refuse
l'oubli
Un fauteuil abandonné
Un silence lourd de pensées
Un froid qui transperce le cur.
Un espoir qui s'amenuise
Une paix qui s'éloigne
Une angoisse qui s'acharne
Un fragment de vie qui frissonne
Un mois de février...
celui de 2003 .

Le 18 octobre
En ce jour le monde
est sombre
L'air est lourd, difficile à respirer
L'aube traînante hésite à se lever
La rosée est gouttes de tristesse.
Je suis allée
sur la grande pierre
Celle où ton nom est gravé
Souligné de deux dates
Entouré de quelques fleurs
Un souffle implacable
de nostalgie
Emiette en silence les souvenirs
En grains de poussière étoilée
Amenuise les horizons de l'espoir
Il y a longtemps
et c'était hier
Aimer toujours
S'ouvrir au monde
Sourire à la vie
Vivre de sourires
Vibrer à la beauté
Espérer malgré tout
Du passé ne rien oublier
De l'avenir ne rien omettre
Il y a longtemps
et c'était hier.

Les mots
J'ai une grande
besace sur le dos
Elle est remplie de mots.
Il y a ceux qui sont doux et caressants
Et qui n'ont pas été assez dits.
Il y a les blessants, les méchants,
Toujours trop exprimés, trop usés.
Il y a les mots à ressorts, qui se précipitent
Avant que la raison
puisse s'en mêler.
Les mots à remords,
eux, ne se laissent pas oublier,
Inexorablement,
ils remontent à la surface.
Il y a ceux de
tous les jours, ils ornent la routine.
Et puis les rieurs,
les gourmands, les enchanteurs,
Toujours de bonne
humeur.
Les coquins, eux,
ne sont pas pour toutes les oreilles.
Les secrets restent
au fond de mon cœur,
Quelques fois ils
se pointent sous un regard ami.
Il y a les privilégiés,
les sensibles, les charmants,
Chuchotés dans
des moments de tendresse.
Il y a ceux qui
ne sont pas dans le dictionnaire,
D'origine lointaine,
inventés spécialement pour moi,
Ils sont là depuis
mon enfance,
Ceux que j'espère
avoir transmis à ma descendance.
Et puis il y a
le dernier, celui que tu as prononcé
Alors que ta vie
finissait de s'effilocher.
Il est là, sur le
haut de la pile,
Lourd et précieux
mais inutile.

Tristesse
Au petit matin
j'ai vu une fleur
Sa corolle à peine
ouverte
Ses pétales un peu
froissés
Sa tige encore frémissante
Ses feuilles humides
de sa nuit
Elle s'éveillait
doucement
Elle venait de faire
l'amour…
En ce jour j'ai
vu un enfant
Comme la fleur
Il était
d'ici ou d'ailleurs,
Ses yeux étonnés
Son sourire triste
Ses bras tendus
Ses joues creuses,
Son regard abritait
la peur…
Ne fera-t-il jamais
l'amour ?
Ce soir j'ai vu
un ciel sombre
Il n'y avait pas
une seule étoile...

Prison
de femme
La toile est à l'araignée
Ce qu'est la trame
de ma vie
Lorsque je tisse
mon passé.
Les recoins de
ma mémoire sont douloureux
Le sommeil fuit,
il n'aime que les jours heureux.
Les feuilles mortes
ne sont plus une mélodie
Elles sont les
fils enchevêtrés de ma nostalgie,
Je suis prisonnière
de cet automne hivernal
Qui a marqué ma
solitude infernale.
©Aliza
Claude Lahav
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page.
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Mots
d'octobre 2006

Merci à Nicole qui
m'a envoyé de belles photos pour créer mes pages.
©Mon cahier de brouillons-2003-2006-tous
droits réservés.
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