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L'étrangère
Ce matin, dans mon miroir j'ai rencontré une étrangère, - Qui es-tu vielle femme ? je ne te connais pas. - Je suis celle qui t'a menée jusque là… - Et qui te dit que c'est ici que je veux être ? - J'ai fait ce que j'ai pu pour toi, Je n'ai pu éviter les creux et les bosses, Et je sais que la vie t'a laissé des bleus. - Tes vieux bras ne peuvent plus me soutenir, Tes rides ne peuvent plus me sourire Ton regard a perdu son éclat Ton visage respire la tristesse Tu devrais abandonner, toi l'étrangère, et aller te reposer. - Nous sommes inséparables, toi la petite et moi la vieille, Il nous faudra dans ce même corps achever notre chemin, Nous aimer ou nous haïr n'y fera rien. - Serais-tu si futée pour me parler ainsi ? Aurais-tu acquis un brin de jugeote en même temps que tes cheveux blancs ? - Je suis faite de ce que tu as trouvé, ta récolte est la mienne, Je n'ai rien de plus que ce que tu m'as donné. - Tu n'es donc pas plus riche que la petite fille que j'ai été ? - A peine, mais j'ai tout de même dans ma besace un trésor léger à porter. - Et quelle est cette richesse ? - C'est tout l'amour que tu as partagé, celui qui t'a fait rire, Et qui aujourd'hui te fait pleurer.
2 juillet 2002 ©Aliza Claude Lahav ©Mon cahier de brouillons-2002-2005-tous droits réservés. |