Lorsque vos placards débordent, que votre appartement a besoin d’un ménage à fond et d’un rangement vital, lorsque vous ressentez un
« ras le bol » diffus et inexplicable qui ne vous lâche pas et qui vous poursuit jusque dans vos rêves, lorsque l’espace dans lequel vous vivez vous paraît trop grand ou trop petit ou trop bruyant ou trop quoi que ce soit ou pas assez autre chose… alors n’hésitez plus, déménagez ! Je vous le dis c’est la solution qui va donner un coup de fouet à votre vie et vous faire vibrer durant plusieurs mois. Bien évidemment il y aura des moments difficiles, un déménagement n’est pas une partie de plaisir mais plutôt un tremblement de terre ou, au moins, un orage dévastateur. Que vous restiez dans la même ville ou que vous transportiez vos pénates dans un nouvel environnement le résultat va changer votre vie. Il est bien connu que les changements qui sont volontaires, que nous avons choisis, sont la plupart du temps bénéfiques. Un déménagement c’est une grande aventure… vous allez d’abord trier, liquider, donner, jeter… en un mot vous défaire d’une grande partie de ce que vous possédez. Puis, si vous faites des travaux, et l’on en fait toujours, vous aurez à faire à des artisans, plombiers, menuisiers, carreleurs et autres. Sachez qu’ils ont tous des idées bien précises sur le travail que vous leur demandez et qui ne cadrent pas forcément avec vos projets. De plus je puis vous assurer qu’ils n’ont absolument pas la même notion du temps que vous. Mais qu’à cela ne tienne les déménageurs, eux, sont déjà retenus des semaines à l’avance et coûte que coûte il faudra être prêt au jour et à l’heure. Puis il vous faudra vivre dans des caisses et des cartons durant des jours et des jours et lorsque enfin tout sera en place, habituez-vous donc à chercher le moindre objet car vous ne retrouverez rien facilement
Qu’importe, l’essentiel est le résultat, c'est-à-dire que vous vous sentiez à l’aise dans votre nouveau nid en sachant que c’est votre choix, c’est votre création. Vous n’avez plus qu’à remercier l’Eternel d’avoir survécu à ce raz de marée.
Comme vous l’avez compris, j’ai déménagé à la fin du mois de juillet. Je vous livre les quelques lignes qui se sont logées sur mon ordinateur quelques jours après mon arrivée dans ma nouvelle demeure.


Je suis partie moi aussi, j’ai laissé une maison vide.
Des murs qui gardent les traces de notre passage,
Une résonance inconnue qui se méfie de mes pas,
Des volets baissés laissant nos souvenirs dans l’ombre.
Rien n’est plus, rien n’a existé dans cet espace sans vie.
Des clés sans chaleur passent d’une main à l’autre,
Une porte se referme, un pan de vie s’éloigne.
Une autre demeure prometteuse s’ouvre à moi
Des murs blancs m’attendent, libres de souvenirs.
J’y placerai les miens, ceux qui me suivent où que j’aille
Ceux que je porte en moi et qui jamais n’ont une faille.
Un tableau par ci, une photo par là, une fleur éclose,
Des fauteuils qui ont épousé la forme de nos corps,
Une fenêtre entrouverte sur un coin de ciel bleu,
Le sourire de mes petits… je suis chez-moi.

©Aliza Claude Lahav
août 2005

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