Petits bouts d'idées

s'ajouteront au fil du temps...

 

 

Réflexion de femme, sur la différence.

Texte écrit par Manon

   Mariée depuis plus de trente ans, croiriez-vous que je viens à peine de réaliser que sans le savoir, je connaissais les hommes. Ceci suite à la lecture d'un bouquin, Je vous explique.

   Je suis une femme qui n'a connu qu'un seul homme, celui qui m'accompagne encore aujourd'hui dans la galère de la vie à deux. Mais bien sûr j'ai bien connu mon père, et un frère, mais avec ces hommes là je ne puis être impartiale, car des sentiments filiaux et fraternels me lient à eux. Il n'y a donc que mon ancien fiancé, devenu mon mari, avec lequel j'ai pu me guider, pour expérimenter au mieux comme au pire, la vie d'un homme et d'une femme, deux êtres avec des connaissances et sentiments tellement différents.

   Alors, avec les années, j'en étais venue à la conclusion que mon homme, avec ses qualités et ses défauts, était unique en son genre. Mais voilà que je découvre que mon homme n'est pas unique, il fait bel et bien partie de ce genre masculin, ces hommes, qui en général sont plus préoccupés à gagner le pain et le logis de leur famille, qu'à penser à romancer la femme de leur vie.

   Cette façon d'être s'explique d'ailleurs, si on recule dans les siècles. L'homme était le gardien et le défenseur (donc guerrier) pour assurer la sécurité de sa femme, il était chasseur pour réussir à nourrir ses enfants, il a découvert le feu et s'est battu pour le garder, afin de chauffer un peu sa caverne, de laquelle il faisait sa maison. Ensuite, l'humanité a évolué, mais l'homme est demeuré un chef de clan. Les hommes se réunissaient autour d'un chef pour assurer la paix et organiser la vie du mieux qu'ils le pouvaient. Pendant ce temps, les femmes portaient fièrement les enfants et les mettaient au monde. Avec bonté, patience et amour, elles prenaient soin des bébés et enfants, cuisinaient ce que les hommes ramenaient de la chasse, nettoyaient les lieux et assuraient le bien-être de la famille. Et ce fut ainsi durant des siècles.

   Le 20ième siècle a amené les deux guerres mondiales, les femmes ont alors pris leur place dans les usines, afin de pallier le manque de main d'œuvre, puisque les hommes étaient partis se battre. Et tranquillement, doucement, certaines femmes en ont eu assez de leur train-train quotidien et décidèrent qu'il leur fallait aussi s'intégrer au plan social, politique, tout en continuant de travailler et ce, en imitant au mieux ce que les hommes faisaient depuis des siècles. Certaines féministes ont certainement exagéré leurs revendications et continuent encore à le faire, elles nous ont influencés, je l'admets, même si je me suis toujours défendue d' être comparée à elles. Mais après réflexions, il y a bien de ma part, quelques petits préjugés envers les hommes qui sont bien ancrés en moi et dont, heureusement, j'ai fait mon mea culpa.

   Aujourd'hui, avec tous les divorces et les familles monoparentales, et dans une forte proportion la garde légale des enfants étant donnée aux femmes, la famille qui était depuis toujours sous l'autorité et la dépendance patriarcale, est devenue matriarcale. Tout ça pour vous dire que j'ai découvert comment les hommes sont bâtisseurs, pourvoyeurs, avec un corps qui leur donne plus de force physique que la femme, comment les hommes aiment se retrouver entre mâles pour se divertir (non pas en jasant doucement comme nous aimons le faire) mais en émettant leurs opinions sur des sujets à controverses comme les sports, la politique, les guerres, ils aiment même s'engueuler pour essayer de mieux soumettre les autres à leurs idées.

   Cependant lorsque l'homme se retrouve chez-lui avec femme et enfants, il se sent à nouveau sécurisé et aime redevenir le chef. Il aidera son monde à régler les problèmes d'une manière rationnelle afin d'améliorer la condition de la maisonnée.

   C'est toute une différence par rapport à nous, les femmes, puisque nos émotions sont toujours présentes, et que tout devient tendresse, amour, douceur, oubli de soi, dévotion incessante pour les autres, alors que nous ressentons souvent un manque d'affection et une grande insécurité.

   Il faut aussi admettre que la femme, dont la fonction naturelle est de procréer et d'enfanter, restera toujours très différente de l'homme. Son côté maternel lui fait vire beaucoup de moment doucereux, de fierté, de tendresse et d'amour. Sa vie d'épouse et de femme active lui fera vivre aussi, l'insécurité sentimentale, en passant par la frustration qui mène souvent à la colère. Sans parler du syndrome pré-menstruel où la nervosité, la mauvaise humeur, et parfois même, les pleurs peuvent surprendre ceux qui vivent avec elle.

   Et c'est ainsi que j'ai découvert que j'aime tout autant que mon homme ait l'allure, le rôle et la fonction de mâle, qui se complète si bien avec mon rôle et ma fonction de femme. Et je ne crois pas que ce soit en voulant égaler les hommes dans tous les recoins de la vie, que les femmes, avec leurs sentiments et leurs émotions, seront plus heureuses.

   © Manon

   juin 2002

 

      

 

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