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Première histoire (terminée)
L'erreur...
La nuit commençait à
tomber, l'idée de rentrer chez lui pour retrouver son appartement
vide lui faisait horreur. Il entra donc dans un bar, s'installa dans
un coin sombre et commanda un café, de toute façon il
ne dormait pas depuis plusieurs nuits. Au bureau il avait fonctionné
au café toute la journée, alors un de plus ou de moins
Ce qui lui semblait le plus pénible était de ne pas comprendre
ce qui lui arrivait, et là vraiment il était paumé
peut-être parce que c'était la première fois qu'il
se faisait larguer par une femme.
Ils s'étaient aimés comme des fous depuis le début
de leur histoire, il y a six mois déjà. Et pourtant ils
n'en étaient ni l'un ni l'autre à leur première
aventure, cette rencontre avait balayé sa vie, faisant disparaître
tout ce qui avait existé dans le passé.
Il posa sa tête sur le marbre de la table,
essayant de rafraîchir son front fiévreux, indifférent
à ce qui se passait autour de lui. Une petite douleur sourde,
comme un pincement, s'était installer au niveau du plexus et
ne lui laissait aucun répit depuis plusieurs jours. Et puis tout
bêtement il avait envie de pleurer
L'avait-elle seulement
aimé un tout petit peu ? Elle ne lui avait laissé aucune
lettre de rupture, aucun mot d'explication. Un soir il était
rentré, il avait découvert les placards vides, les tiroirs
béants, l'étagère de la salle de bain libérée
des flacons et pots de cosmétique et pour comble de dérision
sa brosse à dents était là, dans le même
verre que la sienne.
Ce n'est que ce matin, en cherchant ses feuilles
d'impôts, qu'il s'était aperçu, avec ahurissement,
que son propre passeport avait disparu... la pochette de cuir était
inexorablement vide.
Il marche
de long en large dans l'appartement, se passant la main dans les cheveux.
Qu'est-ce que cela signifie? Pourquoi mon passeport? Son esprit fonctionne
à la vitesse de l'éclair. Il se rend compte qu'elle ne
lui a presque rien dit de sa vie, de son métier. Tout à
coup, une pensée vient lui tordre les boyaux. Ça ne se
peut pas! Il ouvre le troisième tiroir, qui est en général
fermé à clef, mais qui ne l'est plus
la clef n'est
plus là. Comment se fait-il? Il a toujours
conservé cette clef dans un endroit sûr. Aucune trace d'effraction.
Obligé d'admettre que ce ne peut être qu'elle qui a pu
ouvrir ce bureau, il est désemparé. Il comprend maintenant
pourquoi, elle lui a pris son passeport.
Il est atterré, complètement abattu.
Le dossier secret, subtilisé à l'ambassade, qu'il devait
mettre sur microfilm, est maintenant entre les mains de cette femme
qu'il aime et qu'il ne connaît pas. Pourquoi a-t-il négligé
de faire ce travail ? Il faut qu'il la retrouve, mais comment? Pas question
de signaler sa disparition à la police. Pas question non plus
de prendre l'avion, et de quitter le pays sans papier. Si jamais ces
documents se retrouvent entre les mains du FBI, il n'en vaudrait pas
cher de sa peau.
Elle est en possession de renseignements très
confidentiels concernant un haut dignitaire du pays. Ces microfiches,
quelqu'un allait bientôt les lui demander. Moyennant, un million
de dollars, il avait fait la promesse de livrer la marchandise à
un inconnu et ensuite, il avait projeté de s'envoler avec sa
bien-aimée. Il n'a plus rien. Que va-t-il faire, quand l'homme
en question frappera à sa porte ?
Sa tête est prête à éclater.
Lui qui a toujours été honnête, pourquoi a-t-il
fait une chose pareille?
Pour l'amour d'une femme, pour l'amour de l'argent. Il doit absolument
trouver le moyen de sortir de ce guêpier fatal.
Il doit absolument trouver une
solution, le temps presse, il ne tient plus en place. Sa vie bascule,
devient incontrôlable, incertaine, la panique l'envahit.
Il se retrouve assis dans un coin de bar, une bouteille
de rouge presque vide devant lui. Son regard sur le marbre de la table
a un air abattu. Il se pose des questions sans réponses. Comment se
fait-il qu'elle m'ait quitté? Pourtant j'ai tout fait pour lui plaire.
Cela le ramenait à une autre époque de sa vie.
A l'age de huit ans il y avait dans sa classe
une fillette blonde qui le regardait. Elle avait des cheveux bien soignés,
peignés avec deux petites nattes, et elle avait de beaux yeux bleus.
Il ne pouvait s'arrêter de penser a elle. A la recréation il la retrouvait
dans un coin de la cour. A cette époque la société était très puritaine
et ils ne se parlaient presque pas… Un jour, elle vint à lui et lui
dit : "mes parents m'amènent dans une autre ville et je viens te dire
au revoir. " Elle l'embrassa sur la joue et partit. Il était paralysé
par l'émotion. Son chagrin d'alors était beaucoup plus fort que celui
D'aujourd'hui.
Il sourit de ses émotions, demanda l'addition, paya
et retourna à son travail.
Comme chaque jour, il prit son courrier sur la table de
sa secrétaire, fit un petit signe de tête à l'un de ses collègues, posa
sa serviette en cuir sur son bureau. Un des tiroirs était entrouvert,
avec précautions il le tira doucement. Bien en vue, sur les papiers
un peu en désordre se trouvait une belle rose rouge à longue tige à
épines. Sous la rose, une pochette comme on en donne dans les agences
de voyage et dans la pochette… un billet d'avion. Les mains tremblantes
il ouvrit le billet…
Fin
Coauteurs (par ordre de participation): Aliza, Louisiane
et Isaac

"L'aventure" une
autre histoire terminée écrite à plusieurs mains,
à lire.

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