8 octobre 2007
A propos d'écriture
Je viens de terminer une nouvelle, je les aime courtes
et concises, il me faut trouver le mot exact qui correspondra à
l’idée ou à l’image que je veux faire passer.
Je ne veux pas trop en dire, mais raconter suffisamment afin que le
lecteur construise ses propres élaborations. En général
les personnages m’envahissent et m’habitent durant tout
le processus de l’écriture. C'est-à-dire que même
lorsque je suis occupée à autre chose que l’écriture,
sous ma douche ou en épluchant les légumes pour la soupe,
ils sont avec moi, quelque part en moi, ils ne me quittent jamais
durant toute la période de l’écriture. Même
quand je ne pense pas à eux ils sont dans mes pensées.
Cette fois ci, cette dernière nouvelle, je l’ai écrite
très vite, ce qui n’est pas dans mes habitudes. En général
il me faut du temps pour la gestation, il faut que ça mûrisse
lentement avant et pendant l’écriture. Souvent j’écris
quelques lignes et je ne peux plus continuer, je me lève, j’abandonne
mon ordi pour une autre occupation et j’y reviens bien plus
tard, quelques fois des jours et des jours plus tard ; je le regrette
mais c’est ainsi, je ne peux faire autrement. Je suis plus contrôlée
par mon écriture que je ne la contrôle. Cette fois mon
personnage s’est développé à un autre rythme,
plus régulier que de coutume. Je pense que c’est parce
que, au départ, j’ai été stimulée
par une image, un tableau de Alan Giana proposé sur le site
de Carole Lussier comme thème pour débuter un texte.
Un processus très intéressant qui a changé complètement
celui de l’écriture, les idées venaient plus clairement,
les émotions, souvent inconnues, montaient de je ne sais où
n’ayant jamais vécu ce que j’écrivais. C’était
comme si quelqu’un d’autre me racontait une histoire…
et comme j’avais envie d’en connaître la fin, j’écrivais
sans faire ces pauses que je n’aime guère. C’est
comme si je lisais tout en écrivant ; une nouvelle expérience
: la lecture et l’écriture en un, ajoutez la vision du
tableau et vous avez un fonctionnement on ne peut plus compact.
Comme toujours, sur ce point rien de changé, lorsque je termine
l’écriture d’une fiction je suis enchantée,
satisfaite du résultat mais… cela ne dure pas longtemps
(je le sais et je me fait avoir à chaque fois) au bout de quelques
heures, je ne suis plus sûre de moi, je n’aime plus ce
que j’ai fait, j’ai la certitude que ce n’est pas
bon. Puis les doutes se tassent et j’accepte mes écrits
comme on accepte un enfant, il n’est pas toujours ce que l’on
a rêvé mais il est à nous et nous l’aimons
comme il est.
Merci à Carole de proposer ses thèmes du mois. Allez
voir et lire son site vous ne le regretterez pas. "Le
site de Carole Lussier"