7 juin 2006

A vous qui passez sans me voir…

Des visiteurs sans visage, des passants par hasard et peut-être même hasardeux, des lecteurs silencieux qui ne laissent aucune trace, des inconnus qui effleurent à peine ces pages, des amis d’outre-mer… qui êtes-vous ? Qui es-tu ?
Es-tu celui qui traverse la vie à cloche pied et qui sautille sur le rebord du trottoir ou de l’abîme ? Toujours un peu en déséquilibre et frôlant le danger ? Le sourire aux lèvres pour te donner courage au cœur.

Es-tu celui qui marche droit devant lui, allant vers un but bien précis, qui connaît le point d’arrivée avant celui du départ ? Celui qui fonce tête baissée en se disant « qui m’aime me suive » et au diable les autres ?

Es-tu celui qui, sans relâche, cherche son chemin sans jamais le trouver ? Celui qui hésite à chaque carrefour et qui, jamais, ne prend le risque de se tromper ?

Es-tu celui qui rase les murs sans jamais se détacher de la masse ? Es-tu paré de ta timidité comme d’une robe d’apparat, l’offres-tu au monde comme une sentence du ciel ?

Es-tu celui qui va de farandole en farandole et qui prend la vie comme un sucre d’orge, bariolé et sucré, quelques fois un peu poisseux mais toujours délicieux ?

Es-tu celui qui s’imprègne de toutes les misères ? Celui qui souffre pour les autres autant que pour lui-même ? Qui cherche l’espoir sans vraiment le trouver, mais en continuant à y croire?

Si tu es un peu de tout cela, si tu vogues entre doute et confiance, entre compassion et passion, si une fleur te ravit et un mot gentil t’émeut… si tu es un peu de tout cela, sois le ou la bienvenu/e, tu es ici chez-toi.


19 juin 2006

Je l’ai rencontrée la nuit dernière. Je venais d’assister à un ballet classique et si romantique qu’il tranchait avec la violence qui fait partie de notre vie quotidienne. Les sons de la musique résonnaient encore en moi, les sylphides légères en tutus blancs et montées sur leurs pointes, virevoltaient comme des papillons légers devant mes yeux. J’étais un peu rêveuse mais il fallait bien redescendre sur terre. Déjà dans le parking les chauffards de minuit arrachaient leur rang de sortie avec rage. J’essayai de préserver un peu de mon rêve.
La route n’était pas très sombre, vaguement éclairée par quelques lampadaires blafards ; il y avait énormément de voitures, ce qui ralentissait le trafic. Arrêtée à un feu rouge je tournai la tête et je la vis, toute rondelette et un peu pâlotte, elle me fixait de ses yeux tristes. Elle éveilla ma curiosité, tout de suite je fus attirée par elle, j’avais envie de lui parler. Mais déjà le trafic reprenait et je fixai mon attention sur la route. Cependant, très vite, je m’aperçus qu’elle avait pris mon rythme et qu’elle me suivait. Discrètement j’essayai de l’observer malgré la distance qui nous séparait et les obligations du volant. Je ne la trouvai pas très belle, les traits assez communs et peu marqués, le nez légèrement de travers, les yeux éteints sans la moindre expression. A un moment il me sembla qu’elle s’éveillait et qu’elle me faisait un clin d’œil. Je stoppai la voiture, elle s’arrêta elle aussi ; je la regardai droit dans les yeux, il me semblait qu’elle avait quelque chose à me dire mais elle gardait le silence et sa tristesse m’envahissait à mon tour.
Arrivée chez-moi, je m’approchai de la fenêtre, elle était toujours là. Son visage était fripé ; elle aussi vieillissait… d’un coup sec je fermai les persiennes. La légende dit que l’on peut devenir fou à regarder la pleine lune…

 


30 juin 2006

Au bout de la nuit...

Au bout du ciel
Je t’ai vu
Perché
Sur un coin de nuage
Tu souriais
Je voulais
Cueillir ton regard
Effleurer ta joue
Aimer ton corps
Entendre ta voix
Un grand silence
Un ciel vide
Je m’éveille
Mon oreiller
Tout près du tien.

 

 

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