2/01/2006
L’un des derniers jours de l’année 2005, en allumant la télévision par hasard, je suis tombée sur la fin d’un vieux western américain. Henry Fonda me fixait droit dans les yeux, de son regard de ciel bleu un peu gris, et me disait len-te-ment de sa voix à la fois douce et dominatrice: « Mourir n’est pas la pire des choses qui puisse arriver à un homme ! » puis il souffla sur la culasse de son colt et le rengaina dans un mouvement impérieux et agile…
Je ne crois pas qu’Henry ait eu l’intention de me faire rire, c’est pourtant ce qui est arrivé…
Rire sans toi, rire seule, sans ta complicité, me donne toujours un petit pincement au cœur. Tu aimais les films de cow-boys et celui-ci t’aurait plu, j’en suis sûre, et cette phrase tu pouvais la prononcer toi-même sans ambages, avec une pointe d’humour.
Je restais amusée et nostalgique, songeuse je laissais mon imagination vagabonder.
Un léger bruit, à peine un effleurement, je lèverais les yeux et tu serais là, tout près de moi, comme aux plus beaux jours de nous deux. Lorsque tu rentrais d’un long voyage et que le manque, déjà, s’était fait sentir un peu et que nous avions faim l’un de l’autre. Tu serais là, les bras ballants le long du corps, un sourire au fond des yeux, l’émotion aux bords des lèvres… doucement tu viendrais vers moi, me tendant les bras, tu me dirais : « viens », je me lèverais, m’avancerais, je mettrais ma joue contre la tienne afin de m’assurer de ta chaleur, puis je ferais glisser ma tête sur ton épaule, juste au creux de ton cou et je me dirais à moi-même :c’est bien lui, je reconnais son odeur d’homme. Tu caresserais mon épaule, ta main s’aventurerait vers mon visage… tu ne dirais rien mais je saurais avec certitude que je ne serai jamais vraiment seule. Et toi tu repartirais d’un pas léger, discuter un bon coup avec Mr. Fonda. C’était ta manière de me faire parvenir tes vœux pour l’année nouvelle.





 

 

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