18/12/2005
Pour répondre à une internaute qui vient de découvrir
mon cahier de brouillons, et qui trouve que je suis trop secrète…
J’aime le parfum de la terre après la pluie
Les sous bois ombragés au petit matin
La grande polonaise de Chopin
Le chocolat noir aux noisettes entières
L’amour, le donner, le recevoir et le faire.
La mer en hiver, lorsqu’elle se met en rage.
La vie.
J’aime mes amis et l’amitié qui circule entre nous.
Les roses jaunes, même celles qui sont fanées.
Le scrabble et les parlotes autour de la table.
L’arrivée à Paris après une longue absence.
Les librairies, celles où l’on peut fouiner.
Florence, pour les souvenirs que j’en ai.
L’écriture lorsqu’elle m’habite et demande
à s’aérer.
Mon ordinateur lorsqu’il répond au moindre clic.
Les feuilles mortes qui crissent sous mes pas,
Et celles chantées par Yves Montand.
La flûte de Galway et celle de Rampal,
Toutes les musiques qui me font vibrer.
Je n’aime pas le racisme et la discrimination,
Les guerres, les attentats, les mises en garde.
Je n’aime pas les petits choux dits de Bruxelles
(Rien à voir avec la ville que j’aime beaucoup).
Les ragots, les on dits qui passent de bouche à oreille.
L’écriture lorsqu’elle est prise de paralysie infantile.
Mon ordinateur lorsqu’il fait sa tête de mule.
Faire le ménage, ranger mes tiroirs, déménager.
Je n’aime pas la mer lorsque je suis sur un bateau.
La musique moderne, non je ne l’aime pas.
La bêtise, l’entêtement, la méchanceté,
La bêtise… ah oui ! Je l’ai déjà dit.
Par dessus tout j’aime ma vie, que j’ai tricotée
comme un grand chandail, en pure laine vierge, rugueuse mais chaude,
une maille à l’endroit une maille à l’envers.
Un rang au point de mousse, un rang au point de ri-res. J’ai
souvent perdu des mailles mais, en général, je les ai
rattrapées. Les manches sont, peut-être, trop longues
et les emmanchures trop étroites. Les points sont irréguliers
et les rangs se chevauchent, il y a même quelques trous qui
laissent passer l’air… Pourtant j’ai fait ce que
j’ai pu avec les matières premières données
; ni plus ni moins. Et ce chandail, qui parfois pèse et qui
est souvent mal fichu, avec ses couleurs un peu passées et
ses formes avachies, a tout de même des bons côtés.
Il est confortable, il a même une pointe d’originalité
(évidemment c’est du sur mesures), et surtout il se déploie
et étreint ceux que j’aime : mes enfants, mes petits-enfants,
mes amis et, bien sûr, mes aminautes. Je n’en changerais
pour rien au monde… d’ailleurs de toutes façons
j’ai perdu le ticket de caisse.