Mon cahier de brouillons aura quatre ans à la fin du mois de mars ; je ne sais s’il a grandi mais ce qui est sûr c’est qu’en quatre ans de nombreuses pages s’y sont ajoutées. Il a pris un volume de bedaine bien remplie comme un vieux monsieur honorable.. Les statistiques lui sont favorables sans pour cela faire déborder les compteurs qui sont, de toute façon, plus ou moins fiables. Vous êtes maintenant quelques deux cents abonnés à recevoir chaque mois la lettre des nouveautés ; malheureusement lors de l’envoi de cette lettre il s’avère que nombreuses sont celles qui me reviennent, soit parce que l’adresse e-mail est erronée soit parce que certains fournisseurs d’internet ne laissent pas passer les newsletters. A ces abonnés je ne peux que conseiller de venir de temps en temps feuilleter le cahier afin d’y découvrir les nouveautés.
Mon cahier de brouillons est maintenant une évidence sur le net, il y est ancré et bien que son audience soit modeste quant aux nombre de ses visiteurs, entre soixante et quatre-vingt par jour, il n’en est pas moins reconnu par ses lecteurs fidèles. Je ne saurais vous dire exactement quelles ont été les motivations de sa création ; je me souviens que l’époque était tourmentée et que je m’étais plongée dans l’étude du langage html afin de fuir une réalité lourde à surmonter. Mais je crois que j’avais surtout envie que mes nouvelles soient lues ; je vous le dis sans détour, à mon sens, celui qui écrit a besoin d’être lu. Pour moi l’écriture est un partage mais surtout elle se fait à deux, l’écrivain et le lecteur, l’un raconte une histoire à sa façon, l’autre l’interprète et la recrée selon sa propre optique et son expérience de vie. Il peut y avoir communion d’idées entre les deux mais pas forcément et c’est peut-être là que l’association « écrivain lecteur » devient intéressante. L’écrivain est celui qui offre, le lecteur est celui qui complète et qui enrichit le texte. Cela ne peut se produire que si quelque chose de l’ordre de l’émotion ou de l’intérêt intellectuelle passe de l’un à l’autre, et c’est là que l’on reconnaît un bon texte, une bonne écriture… l’écriture c’est aussi ce qui est inscrit en filigrane entre les lignes.
Beaucoup d’entre vous m’écrivent leurs réactions à la lecture du cahier, et je ne peux que vous en remercier humblement, tous vos messages me touchent énormément. Je ne vous parlerai, cependant, que d'un seul message, celui d’un nouveau lecteur, il va avoir treize ans, il se nomme Edgar, et il me disait, avec des mots très gentils, avoir été particulièrement touché par l’une de mes nouvelles : « La prière ». Ne serait-ce que pour ce petit garçon, même s’il était mon unique lecteur, je serais heureuse d’avoir créé mon cahier de brouillons.
Je n’ai que des mots, je vous les offre, certains se détachent comme des fruits mûrs, ils sont doux et parfumés comme une pèche veloutée. D’autres, tombés de leur branche avant terme, sont amers et rugueux comme un citron vert. Il y a ceux qui sont meurtris par les intempéries, et ceux devenus blets à être restés trop longtemps à terre. Je n’ai que des mots, ils sont à vous puisque le langage est à tout le monde, et que chaque mot trouvera en chacun de vous une nouvelle résonance.
Si ces pages ont pu, durant un instant, vous ouvrir une lucarne sur d’autres horizons ; si elles ont pu vous rapprocher de vous-même et vous émouvoir un tant soit peu, vous m’en voyez comblée. Ce n’est qu’en dévoilant des petites parcelles d’âme que l’on va à la rencontre d’autrui, il n’y a pas d’autre chemin, il n’y a pas d’autre moyen. C'est celui que j'ai choisi.


©Aliza Claude Lahav
   mars 2006

Voulez-vous laisser vos commentaires? Ils seront les bienvenus...

commentaires, merci !

 

Retour: Menu des textes     Menu principal

 

 

Tubes à images
©Mon cahier de brouillons-2002-2006-tous droits réservés.