Dans la grande salle à manger du kibboutz le brouhaha est grand. Il est midi, c’est l’heure du déjeuner. Les camarades arrivent de partout, des champs, de l’usine, du secrétariat, de la buanderie, de l’infirmerie. Tous en vêtements de travail, certains avec leurs gros godillots lourds de la terre meule des sillons. Des rencontres, des paroles, des rires, des regards, des sourires de connivence. Dehors une chaleur torride, à l’intérieur une fraîcheur relative. Les visages sont rouges, la sueur coule le long du dos, on boit de grands verres d’eau glacée, on s’éponge, on rit, c’est bon. Il y a du mouvement, du bruit, une ambiance de jeunesse. Dans ces années soixante le kibboutz est encore l’emblème de la collectivité, du désir de changement, il est l’espoir de demain. L’idéologie est là, omniprésente, mais elle ne pèse pas car c’est la mosaïque humaine qui est essentielle.
    Au milieu de tout cela une femme isolée, concentrée sur elle-même, comme lointaine et étrangère...

©Aliza Claude Lahav
   juillet 1997

Vous pourrez lire la suite dans un recueil de mes nouvelles qui va paraître prochainement.

 


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