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Dans la grande salle à manger du kibboutz
le brouhaha est grand. Il est midi, c’est l’heure du déjeuner.
Les camarades arrivent de partout, des champs, de l’usine, du
secrétariat, de la buanderie, de l’infirmerie. Tous en
vêtements de travail, certains avec leurs gros godillots lourds
de la terre meule des sillons. Des rencontres, des paroles, des rires,
des regards, des sourires de connivence. Dehors une chaleur torride,
à l’intérieur une fraîcheur relative. Les
visages sont rouges, la sueur coule le long du dos, on boit de grands
verres d’eau glacée, on s’éponge, on rit,
c’est bon. Il y a du mouvement, du bruit, une ambiance de jeunesse.
Dans ces années soixante le kibboutz est encore l’emblème
de la collectivité, du désir de changement, il est l’espoir
de demain. L’idéologie est là, omniprésente,
mais elle ne pèse pas car c’est la mosaïque humaine
qui est essentielle. ©Aliza Claude Lahav
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